Pudding

Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 07:48

Continuons sur notre lancée! Après la blanquette de poisson, je vous propose un autre plat réconfortant par ce froid qui semble vouloir s'installer : Le pudding chaud (Et c'est indispensable de le manger chaud!) franc-comtois. Quesaco? Un pudding chaud? Quel blasphème! Et pourtant, je vous le recommande! Il n'a de pudding que la préparation à base de pain, car il est indispensable de le manger chaud, afin que notre fromage franc-comtois, c'est à dire le Mont d'or soit bien fondu. Pour accompagner ce plat, je vous propose une nature morte de Jean Siméon Chardin qui magnifie trois éléments simples de l'alimentation : le fromage, l'oeuf et l'eau. Le cerclage de bois contenant le fromage me faisait penser à celui du Mont d'or, qui, accompagné de la ceinture d'écorce d'épicéa, lui donne son caractère et ce goût si original et délicieux! Il ne s'agit sans doute pas de Mont d'or dans cette oeuvre, car ce fromage a acquis sa réputation vers 1865. Cependant, l'on peut supposer que ce style de fromage devait bien exister auparavant!

http://3.bp.blogspot.com/-CI8FuHbbtUw/TapaJh2M1uI/AAAAAAAAGKY/_mMB_xXa1AI/s400/Jean%2BSim%25C3%25A9on%2BChardin%252C%2BNature%2Bmorte%2Bavec%2Boeufs%252C%2Bfromage%2Bet%2Bpichet%252C%2BMFA%2BPhiladelphie.jpg
 Jean Siméon Chardin, Nature morte avec oeuf, fromage et pichet, Musée des Beaux-arts, Philadelphie

Chardin est un des maîtres incontestés de la nature morte et de la lumière. Il impulse à ses oeuvres une vivacité qui redonne vie aux aliments présentés, si bien que les natures mortes en deviennent bien vivantes!
Tout dans cette toile respire la fraicheur. La luminosité venant de la gauche du tableau évoque une lumière du jour franche et diffuse qui met en valeur les mêts proposés. Les oeufs sont souvent présents dans les tableaux de Chardin et sont peints tels des joyaux, d'un blanc ivoire, nacré et éclatant qui leur confère une grande pureté. Cela fait écho à la blancheur crémeuse et onctueuse du fromage dans sa boite qui appelle à la dégustation. L'on imagine sans peine à travers cette carafe de terre cuite vernissée à la panse bien arrondie la limpidité et la fraicheur de l'eau dans le pichet. Peintre de la réalité peut-être, Chardin confère à son sujet de prédilection une irréalité qui pourtant nous laisse une impression très réelle...Ces oeufs, ce fromage nous paraissent vivants, saisissables, prêts à la dégustation et pourtant, ce sont notre oeil et notre esprit qui leur donnent cette réalité car jamais oeufs ou fromages sur notre table ne furent si brillants, éclatants comme des joyaux!
Chardin "lie [les couleurs], les assemble, les corrige, les caresse avec un travail systématique de reflets, qui, tout en laissant la franchise à ses tons posés, semble envelopper chaque chose de la teinte et de la lumière de tout ce qui l'avoisine." Il nous fait passer à travers son pinceau "le goût des matières".

Je ne prétendrai pas vous faire passer à travers mes pâles photos le goût des matières de mon pudding, par contre, je tâcherai quand même de vous mettre l'eau à la bouche, car ce plat fut délicieux. Mont d'or, potiron et poireaux forment un trio très réussi que je vous conseille d'essayer!
Photo-Oeuvre-3-0007-copie-1.JPGPUDDING CHAUD FRANC-COMTOIS AU POTIRON ET POIREAUX
Ingrédients :
- 150 à 200 gr de potiron coupé en petit dès
- 1 bol de blancs de poireaux coupés frais ou surgelés
- 1 cuillère à soupe d'huile d'olive
- Herbes de Provence
- Sel et poivre
- 100 gr de pain coupé en petits dès
- 400 ml de lait
- 2 oeufs
- 60 gr de mont d'or
Photo-Oeuvre-3-0005.JPGPréparation :
Dans un saladier, faire tremper le pain dans le lait puis l'émietter à la fourchette lorsqu'il est mou.
Pendant ce temps, dans une poêle, faire revenir le potiron et les blancs de poireaux dans l'huile d'olive. Saler, poivrer, assaisonner d'herbes de provence puis faire cuire à feu doux, jusqu'à ce que ça soit cuit. Il ne doit plus y avoir d'eau.
Ajouter dans le saladier les oeufs. Mélanger.
Ajouter ensuite la préparation de potiron et de poireaux ainsi que le mont d'or coupé en petits morceaux.
Saler très légèrement et poivrer.
Mettre dans un moule à cake par exemple et enfourner pour 40 min à 200°C.
Déguster sans attendre!

Bon appétit!
Edmond et Jules Goncourt, "Chardin", Gazette des Beaux-arts, 1864.

Par Cécile - Communauté : passionnés de cuisine - Publié dans : Pudding
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 10:35

Un petit vent d'automne souffle sur la région et l'envie m'a pris de tenter l'aventure du pudding...salé! Je ne connais pas du tout ce plat qu'il soit sucré ou salé, ce fut donc une réelle découverte et c'est d'une simplicité enfantine! La chose à avoir impérativement pour cette recette c'est du pain vieillissant et quelques légumes pour colorer le tout!

http://www.nationalgalleries.org/media_collection/18/GMA%20881.jpg
 William Orpen, La Famille Bloomsbury, huile sur toile, 1907, National Galley of Scotland, Edinburgh.

Je ne pouvais pas évoquer ce plat qui pour nous est Le plat représentatif de la cuisine anglaise sans vous proposer une petite incursion dans une famille britannique et plus particulière dans la "Famille Bloomsbury". Suivons William Orpen (1878-1931), surtout connu pour son rôle de peintre de guerre officiel de la Première Guerre mondiale et faisons connaissance. L'artiste s'invite dans la salle à manger d'un confrère William Nicholson et de sa famille, installés dans leur maison de Mecklenburg Square à Fitzrovia-Bloomsbury. Au premier abord, le tableau n'invite pas à l'émerveillement. Quelle rigidité! Quelle froideur! Dans un intérieur sombre, une famille pose. La couleur jaune, difficile à rendre en peinture, donne une atmosphère pesante à la pièce, renforcée par une luminosité faible et froide qui accentue le teint blafard et peu flatteur des sujets. La lumière se projette sur les enfants dont les attitudes attirent les regards. Sur le mur de petites gravures sous cadre de dandys de style régence que l'on trouvait régulièrement à l'époque. Le miroir convexe renvoie la luminosité extérieure ainsi que deux silhouettes, les époux Nickolson.
William-orpen--la-famille-Bloomsbury-detail01.jpg Quant aux enfants, ils ont sans doute reçu la consigne de ne pas bouger. Le petit garçon, les mains sous le menton, s'ennuie et regarde d'un air malheureux devant lui. Sa soeur à sa gauche, bien sagement assise, lui jette un regard désapprobateur, sans doute à cause de la négligence de sa posture. Quant au troisième enfant, il ne regarde pas vers l'artiste mais à l'évidence prend sa mission bien à coeur et demeure droit sur sa chaise, les bras sur la table. L'épouse est en retrait de la photo. Debout, elle semble vouloir disparaître du tableau et se situe dans l'ombre de la pièce à côté d'une armoire. Quant au père, dans une robe de chambre brillante, est fièrement installé dans un fauteuil confortable, les mains jointes. Toute cette mise en scène est cependant allégée par la présence du petit garçon en robe rose vêtement très en vogue 100 ans auparavant, seule touche colorée de la pièce. Comme à ses frères et soeurs, on lui a demandé de ne pas bouger, de se tenir droit, de regarder l'artiste, mais il ressort de ce petit visage quelque chose de frais. Comme tous les enfants en bas-âge, il a envie de bouger et regarde avec curiosité vers l'artiste. Sans doute prendrait-il plaisir à aller voir ce qui se dessine!
Parfois qualifié de tableau froid, car construit comme une photo et représentant une famille de classe moyenne, il est le témoin de l'époque edwardienne qui correspond en France à la belle Epoque, période du début du 20ème siècle où le système de classe était très rigide et où il n'y avait plus de mobilité de classe. Cette rigidité, cette fierté d'appartenir à la classe moyenne, aisée se manifeste dans le tableau.
William Orpen est un artiste évocateur, avec un réel caractère et une individualité qui donne de l'intérêt à son oeuvre. Dans la froideur du tableau, il en ressort une certaine harmonie dans les tons et les couleurs.

DSCN9871.JPGPour ce qui est de mon pudding, il est harmonieux en goût et très coloré! Une vraie belle réussite à renouveller quand du pain risque d'être perdu!
Pour 3 à 4 personnes :
Ingrédients :
- 100 gr de pain sec
- 400 ml de lait
- 2 oeufs
- Sel et poivre
- 1 poivron rouge
- 1 poignée de salade
- 100 gr d'allumettes de lardons
- Huile d'olive
- 2 carottes
- 2 cuillères à soupe de moutarde à l'ancienne
- Herbes de provence.
DSCN9870.JPGPréparation :
Couper le pain en dès et le mettre dans un saladier. L'arroser du lait et le laisser ramolir.
L'écraser à la fourchette lorsqu'il est mou.
Couper le poivron en petit dès. Eplucher et râper les carottes. Laver et couper la salade.
Ebouillanter les allumettes de lardons dans de l'eau bouillante, les égoutter ensuite et réserver.
Dans une poêle, faire revenir de l'huile d'olive puis ajouter les dès de poivron et les carottes râpées. Saler, poivrer et saupoudrer d'herbes de provence. Les faire suer puis les faire fondre en remuant régulièrement pendant 10 minutes. Ajouter ensuite les lardons et terminer la cuisson. En fin de cuisson, ajouter la salade.
Dans le saladier, mélanger les oeufs et la moutarde à l'ancienne. Ajouter la préparation de légume. Bien mélanger. Saler de nouveau si nécessaire.
Enfourner pour 40 minutes.
Servir une salade.
Bon appétit!

Par Cécile - Communauté : passionnés de cuisine - Publié dans : Pudding
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  • : La cuisine, un merveilleux laboratoire où tous les sens sont en éveil: le croustillant du pain qui titille l'ouie, l'odeur alléchante d'un plat qui chatouille agréablement le nez, les couleurs, les contrastes qui attirent le regard, des matières moelleuses, douces ou rêches mais craquantes au toucher...C'est tout cela que je vous propose de découvrir ainsi que la Cuisine et ses Petites Histoires...
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