Poêlée de légumes et boeuf apportée par le petit Porteur

Publié le par Cécile

J'aimerais aujourd'hui vous entraîner dans l'Histoire, remonter les siècles, aller plus loin que le 19ème siècle, remonter le temps jusqu'au Siècle des Lumières (18ème siècle), de la Monarchie absolue et vous présenter ce petit garçon, qui, si j'avais vécu à cette époque sous les traits d'une bourgeoise qui fait son marché, aurait porté dans sa grande panière le fruit de mes achats pour ce repas : poivrons, courgettes, boeuf... Sans rechigner, cette besogne étant son métier, il aurait acheminé ces ingrédients jusqu'à ma demeure. Ce dur métier est celui de porteur.

http://www.italica.rai.it/immagini/arte/granteatro/1.jpg De tout temps, le métier de porteur a existé et c'était un moyen pour les plus pauvres de subsister. A une époque où le contrôle des naissances n'était pas encore possible, si ce n'est par l'abstinence, les enfants naissaient de manière régulière, incontrôlée et dans les familles pauvres, plus que la joie de fêter le nouveau né, une naissance signifiait une bouche supplémentaire à nourrir et la nécessité de se serrer la ceinture, si bien que dès qu'il en avait l'âge, l'enfant faisait des petits boulots pour venir en aide à sa famille : à la campagne, il travaillait dans les champs, à la ville, il exerçait de petits métiers dont celui ancestral de porteur. C'est ce que dépeint Giacomo Ceruti (1691-1760), considéré aujourd'hui, après plusieurs siècles d'oubli, comme un des plus grands peintres italiens du 18ème siècle.
Porteur assis avec un panier en bandoulière,
Giacomo Ceruti, Pinacothèque de Brera, Milan

A une époque où le rococo domine, son art surprend et n'est pas pour flatter le goût dominant pour ce qui est flamboyant et chargé. Sa peinture est empreinte d'un réalisme dépouillé d'où ressort un grande densité psychologique. Il fait du mendiant un de ses thèmes de prédilection , ce qui lui vaudra son surnom de "pitocchi". Devant un décor sobre et sombre, un petit garçon pauvrement vêtu, assis sur des pierres grossièrement taillées, nous observe d'un regard triste et mélancolique, ce qui ne peut manquer d'attirer notre regard. Sa main droite tient un panier garni d'oeufs ainsi qu'un coq. Une grande panière à anse, presque aussi haute que lui, lui permet de porter d'avantage de charges. Sans chercher à marquer la supériorité d'une classe par rapport à la réalité populaire qu'il représente, ni insister sur l'aspect pittoresque de la scène, Ceruti représente ce petit garçon avec une totale gravité, un réalisme rude, insistant et sans doute dérangeant pour la haute société de l'époque, qui vise à montrer la misère du bas peuple, l'absence d'avenir et les inégalités. En effet, quel avenir pour ce petit garçon? Lui-même a son expression n'a pas d'espoir. Probablement analphabète et devant subvenir aux besoins de sa famille, son avenir semble identique à cette scène. Porteur il est, porteur il restera...

J'espère que ce tableau vous aura autant ému que moi, sinon, observez-le bien, observez le regard de ce petit garçon qui en dit long...

Bien sûr pour les ingrédients de cette recette, je n'ai pas fait appel à un porteur. J'ai fait ce petit plat pour ma maman, sur le pouce, en suivant mon inspiration et le contenu de ses placards. C'était vraiment pas mal, légèrement épicé tout en restant très doux!

DSCN5533.JPGIngrédients pour 2-3 personnes:
- Un rond de filet de bœuf assez gros pour deux personnes
- 1 poivron rouge
- 1 courgette
- Ail en poudre
- Huile d’olive
- Sel et poivre
- 1 demi-briquette de crème liquide
- Cumin
- Herbes de Provence

DSCN5534.jpgPréparation :
Couper le bœuf en gros dès et réserver.
Couper la courgette en rondelles et le poivron en lamelles.
Faire chauffer une cuillère à soupe d’huile d’olive et faire revenir le poivron.
Ajouter ensuite l’ail et les courgettes, laisser fondre quelques minutes.
Ajouter ensuite le cumin, les herbes de Provence, la crème liquide.
Saler et poivrer.
Ajouter le bœuf en dès et faire cuire juste quelques minutes.

Faire très attention à la cuisson du boeuf afin qu'il ne soit pas trop cuit.
Ce plat peut être servi avec du riz, de la semoule. En ce qui me concerne, c’était un mélange de boulgour et quinoa.

Bon week-end!

Publié dans Boeuf

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Eliane 23/03/2010 09:59


belle journ€€ et a bientot


saoussi 23/03/2010 08:39


j'adore tes photos Cécile elle sont superbes belles
merci ma chère amie pour ton passage
bisou et bonne journée


ratiba 22/03/2010 21:55


merci pour le partage bisou$$$


Alberie26 22/03/2010 17:11


ça doit être délicieux avec l'accompagnement que tu as fais !
belle semaine ensoleillée bisou $


louiza 22/03/2010 16:26


hummmmm!!
un delice!!
bisous$$