Brick comme des minis pastillas aux "poivrons" érigés en Nature morte

Publié le par Cécile

Je reviens avec quelques jours d'absence! Beaucoup de révisions ces derniers jours pour un concours que j'ai passé hier, mon blog en a pâtit! C'est donc avec plaisir que je reviens aujourd'hui avec une recette sympa, qui sent l'été, ce qui est toujours le bienvenu, au vu du temps horrible de ces dernier jours. C'est le genre de petite recette sortie de mon imagination pleine de légumes et de saveurs enrubannés dans une feuille de brick un peu à la manière d'une pastilla. Comme divertissement à ce plat, je vous propose une nature morte de Félix Vallotton (1865-1925) : Nature morte aux poivrons.

http://media.kunst-fuer-alle.de/img/41/g/41_00639598~_felix-edouard-vallotton_poivrons-rouges.jpg

"Aucune forme d'art ne peut donner d'émotion s'il ne s'y mêle une part de réel. Si infime qu'elle soit, si impalpable, cette allusion, cette parcelle irréductible est comme la clef d'une oeuvre." (Jean Fautrier) Que se cache-t-il donc derrière ces poivrons aux couleurs vives, derrière cet espace sobre presque médical?

 Savamment placés sur une table immaculée qui évoque la table d'opération, les poivrons posent et nous exposent toutes leurs couleurs explosives, tandis qu'un couteau attire le regard au premier plan. 

Nature morte aux poivrons, Félix Vallotton, 1915,   Kunstmuseum, Soleure, Suisse.

Alors que les poivrons nous irradient de couleurs éclatantes, notre regard glisse imperceptiblement vers ce couteau destiné à ôté la vie de ces légumes...Etrange...Mais est-ce bien de légume dont Vallotton parle? N'y-a-t'il pas derrière cette innocente nature morte plus qu'une mise en valeur du poivrons?

Cette nature morte exprime sans doute réellement la mort... Alors que les légumes sont posés nonchalamment, une angoisse envahit notre regard, des interrogations se forment dans notre esprit. Quelque chose ne tourne pas rond dans cette scène.

Ce tableau a été peint en 1915, presque au début de la Première Guerre mondiale, alors que le conflit s'enlise profondément et que la certitude, que la guerre durera,s'affermit. Vallotton souhaitait s'engager comme volontaire, mais, en raison de son âge, cela lui fut refusé. Continuant à peindre, la guerre lui inspire diverses oeuvres dont cette "Nature morte aux poivrons" qui au premier abord n'évoque pas la guerre, pourtant il suffit d'un couteau dont la lame réfléchit un bout de légume rouge, pour qu'une ambiance de meurtre envahisse cette vue domestique. C'est une sorte de métaphore du carnage inégalé, de la boucherie que fut la Première Guerre mondiale, une scène d'une rare violence où tout est sous-entendu derrière une oeuvre annonçant le pop-art américain des années 60 ou évoquant la peinture classique hollandaise. "Un simple reflet, et les poivrons prennent l'allure de viscères."...

Etrange tableau qui m'a immédiatement attiré par ces couleurs, le traitement de la lumière sur ces poivrons luisants, aux couleurs ruisselantes. Et ce couteau amène inmanquablement à la réflexion...Il ne peut laisser de marbre, n'est ce pas?

DSCN7785.JPGJe n'en dirais pas autant de ma petite recette, je l'ai cuisinée sans arrière pensée, avec juste l'envie de faire quelque chose de bon et de régaler M. Laddoo et ma soeurette. Aucune idée de meurtre ou de violence la dedans...


Ingrédients pour 3 "pastillas" :

- 3 feuilles de brick

- 1 cuillère à soupe de beurre fondu
DSCN7786- 2 blancs de poireaux
- 1 oignon
- 2 poivrons, pour moi un rouge et un jaune
- Ail
- 1 cuillère à café de curry
- Huile d'olive
- Sel et poivre
- Curcuma
- 1 cuillère à soupe de sauce soja
- 3 oeufs
- Gruyère râpé


DSCN7789.JPGPréparation :

Emincer finement l'oignon. Couper le poireaux en lamelles et les poivrons en dès.

Dans une poêle, verser un peu d'huile d'olive, faire revenir l'oignon et l'ail sans les faire dorer. Ajouter ensuite les poivrons et le poireaux. Saler, poivrer. Saupoudrer de curcuma. Ajouter le curry et la sauce soja. Laisser fondre à feu doux.

Lorsque les légumes sont cuits, ajouter les oeufs, battus préalablement et laisser cuire les oeufs sans cesser de remuer. Mettre hors du feu et réserver.

Couvrir une plaque allant au four de papier sulfurisé et faire préchauffer le four à 180°C.

Mettre un tier de la préparation au centre d'une feuille de brick, la saupoudrer de gruyère râpé, puis refermer la feuille de brick côté après côté afin de former un cercle. Badigeonner de beurre. Renouveller 2 fois l'opération.

Faire cuire 15 minutes environ et déguster imédiatement!

Bonne dégustation!


Samedi, nous partons pour une semaine en Alsace, je serai de nouveau absente. Je ne pense pas avoir de connection internet pour poster des recettes, mais j'en ai tout de même programmé quelques unes afin de vous divertir pendant mon absence!

Publié dans Feuilles de Brick

Commenter cet article

doudine 25/09/2010 23:43


Trop bon, j'adore tous ce qui croustille.


Leene 01/06/2010 19:24


Ca a l'air bon !!


La cuisine d'Emy 17/05/2010 23:33


j'adore ! vivement que mon petit producteur ait ses supers poivrons de toutes les couleurs pour que je les mijote


domi 15/05/2010 20:04


Voilà un(e) brick généreuse, bisous


Anne 14/05/2010 08:29


Ce qui est super avec les feuilles de brick c'est qu'on peut tout y mettre... légumes, fromages, restes...
Anne